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Migration Oracle vers le Cloud : la stratégie complète (baseline, performance, coûts, licences, run)

  • Photo du rédacteur: Jean-Michel Alluguette – OP&S
    Jean-Michel Alluguette – OP&S
  • 18 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 déc. 2025

Migrer une base Oracle vers le Cloud (OCI, AWS…) n’est pas seulement “déplacer” une base.


Les vrais risques — et les vrais gains — se jouent sur quatre sujets :

baseline, configuration, licences, pilotage post-migration.


La bonne nouvelle : avec une méthode simple, vous pouvez obtenir rapidement :


  • +30 à +70% de performance sur certains traitements,

  • un ratio CPU/RAM optimisé,

  • des économies licences (réduction d’usage des packs coûteux),

  • une baisse des coûts de backup via la réduction de volumétrie.


Voici un cadre pragmatique, reproductible, applicable à Oracle Database “seul”, ou à vos ERP (JD Edwards, E-Business Suite).


Checklist migration (résumé en 10 secondes)


  • Baseline (fenêtres comparables)

  • Volumétrie

  • Licences/options

  • Paramètres clés

  • Validation avant/après

  • Suivi run

Cycle d'actions pour une migration Cloud
Cycle d'actions pour une migration Cloud

1) Avant de migrer : construire une baseline factuelle (sans benchmark manuel)


La majorité des projets cloud se compliquent parce qu’on ne sait pas répondre à une question simple après la bascule:


“Est-ce mieux qu’avant… et pourquoi ?”

Vous n’avez pas besoin d’organiser un benchmark sur plusieurs semaines si vous avez déjà un historique de métriques.


L’essentiel est de comparer des fenêtres comparables :


  • Jour ouvré “standard” (ex : mardi 10h–12h)

  • Pic d’activité (ex : clôture)

  • Fenêtre batch (si ERP)


Baseline minimale à capturer


  • Charge globale (DB Time / activité)

  • Répartition des temps d’attente (I/O, concurrence, configuration…)

  • Consommation CPU / mémoire

  • Latence I/O (si disponible)

  • Top traitements / requêtes consommateurs

  • Volumétrie + croissance (DATA / index / TEMP / UNDO)


Objectif : disposer d’un “avant” incontestable, pour valider l’“après” sur des créneaux équivalents.



2) Le plus gros levier caché : réduire la volumétrie avant migration


Réduire la volumétrie avant migration, ce n’est pas du “nettoyage”.


C’est du ROI direct :


  • moins de données à déplacer,

  • moins de stockage cloud,

  • moins de temps de backup,

  • moins de coûts récurrents.


Actions typiques (Oracle BDD)


  • Identifier les objets à forte croissance (tables / index)

  • Purge / archivage (selon règles métiers)

  • Vérification de tables “techniques” qui gonflent (logs, historiques, staging)

  • Revue des espaces TEMP/UNDO (taille réelle vs taille héritée)


Cas ERP (JDE en particulier)


La purge et l’archivage sont souvent un accélérateur massif :


  • réduction des tables historisées,

  • gestion des tables “backup” (souvent surdimensionnées),

  • et parfois recours à des mécanismes comme Advanced Compression (à traiter comme un sujet licences à part entière).



3) Licences : sécuriser et optimiser avant de déplacer le problème


Une migration cloud est le meilleur moment pour faire une revue “réalité vs contrat”.


Sinon, vous migrez des options coûteuses… et vous continuez à payer (ou vous prenez un risque).


Les 3 sujets qu’on rencontre le plus


  • Diagnostic + Tuning Packs : souvent “utilisés” via des outils, parfois sans gouvernance.

  • Active Data Guard (ou stratégies de réplication) : utile, mais coûteux ; attention aux alternatives selon l’objectif.

  • GoldenGate : très puissant, mais à justifier économiquement (et à comparer à des services de migration selon cas).


Exemple AWS : Active Data Guard vs DMS (selon objectif)


Si votre besoin principal est migration/réplication de données pour une bascule ou pour les besoins BI, des approches type AWS DMS peuvent être envisagées selon contraintes (types d’objets, exigences de synchro, tolérance au delta, etc.).


Équivalent OCI ?


OCI propose des services et approches de migration/réplication (selon vos choix : Data Guard/GoldenGate/Services OCI), mais le message clé reste le même :


On choisit l’architecture de réplication en fonction du besoin réel, pas par habitude.

Important : ne pas “prendre une option” parce qu’elle est là — la lier à un cas d’usage clair + un coût.



“Aucun engagement – périmètre limité – restitution plan d’actions”“Aucun engagement – périmètre limité – restitution plan d’actions”


4) Paramètres & configuration : ce que le Cloud réinitialise (et qui casse les perfs)


Le Cloud ne “dégrade” pas Oracle par magie.


Les dégradations viennent presque toujours de différences invisibles :


  • sizing des redo logs, TEMP, UNDO

  • stratégie de stats

  • comportements auto (jobs/advisors)

  • paramètres de mémoire / concurrence

  • storage / I/O profile différent


Contrôle avant / après : la shortlist qui évite 80% des surprises


  • Redo logs : taille / fréquence de switch

  • TEMP/UNDO : sizing + pression lors des pics

  • Mémoire (SGA/PGA) : cohérence avec le type d’instance cloud (ratio CPU/RAM)

  • Statistiques : mode et fenêtre de collecte

  • Latence I/O : comparaisons en conditions équivalentes

  • Top waits : apparition d’une classe “Configuration” ou “Concurrency” inattendue



5) Optimiser le ratio CPU/RAM (et éviter le surdimensionnement)


Beaucoup de migrations cloud sont surdimensionnées “par sécurité”.


C’est compréhensible… mais coûteux.


L’approche rationnelle :


  1. mesurer l’usage réel avant migration,

  2. choisir une cible cloud cohérente,

  3. valider après bascule,

  4. ajuster rapidement.


Ce cycle est celui qui génère des gains durables :

  • performance,

  • stabilité,

  • et économies récurrentes.



6) Validation post migration Oracle : comparer “avant/après” sur les mêmes fenêtres


La validation doit être factuelle.


On rejoue les mêmes fenêtres que la baseline :

  • jour ouvré standard,

  • pic d’activité,

  • batch (si concerné).


Puis on vérifie :

  • la charge globale,

  • la répartition des waits,

  • les top traitements,

  • et les comportements d’écriture (redo / checkpoints).


But : éviter la situation où “tout marche” mais plus lentement, et où le diagnostic commence trop tard.

Comparaison Avant / Après afin de valider la migration
Comparaison Avant / Après afin de valider la migration

7) Après la migration : la vraie valeur est dans le run (revue régulière)


La migration est un moment. Le run est une durée.


Sans revue régulière, vous retrouvez :

  • dérives lentes,

  • croissance volumétrique,

  • surdimensionnement,

  • options réactivées,

  • coûts de backup qui repartent à la hausse.


Revue recommandée


  • suivi renforcé 2 à 4 semaines post bascule

  • puis revue mensuelle / trimestrielle :

    • tendances performance,

    • volumétrie,

    • usage ressources (FinOps),

    • options/licences,

    • actions prioritaires.


Une migration Cloud doit inclure la Performance, le FinOps et la Compliance
Une migration Cloud doit inclure la Performance, le FinOps et la Compliance

Conclusion


Une migration Oracle vers le Cloud réussie, ce n’est pas “on a déplacé la base”.


C’est :

  • une baseline claire,

  • une volumétrie maîtrisée,

  • une stratégie licences propre,

  • une configuration validée avant/après,

  • et un pilotage run régulier.


C’est ce cadre qui permet d’obtenir des gains concrets : +30 à +70% de performance, optimisation du ratio CPU/RAM, baisse des coûts licences et backups.



Vous avez migré votre périmètre Oracle sur le Cloud (ou vous y pensez) ?


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  • de capturer l’état actuel de vos bases Oracle,

  • d’identifier les dérives de configuration ou de performance,

  • et de préparer sereinement vos futures évolutions.





À propos de l’auteur


JM Alluguette

 Jean-Michel Alluguette est le fondateur d’OP&S, un logiciel dédié aux environnements Oracle et ERP (JD Edwards / E-Business Suite) pour piloter performance, coûts (FinOps) et sécurité/licences.


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